Chopin nous laisse plus de quinze polonaises. Les premières, sont les œuvres de l'enfant et de l'adolescent, qui rappellent Weber, par leur virtuosité et leur coté folklorique.
C'est avec l'opus 26 n° 1 que Chopin ouvre une nouvelle voie à la polonaise et lui donne son caractère martial.
Les Mazurkas:
Chopin composa des mazurkas tout au long de sa vie. Elles reflètent son attachement à sa Pologne natale. Il représentait sa patrie comme il la rêvait. Il mettait la Pologne en musique. Comme la polonaise, la mazurkas est à l'origine une danse à trois temps, mais l'accent tombe sur le temps faible, souvent le second, et non sur le premier temps comme c'est généralement le cas dans les mesures à 3 temps.
Chopin a conservé ce rythme, mais comme dit Liszt:
" Il a ennobli la mélodie, agrandi les proportions." Chopin a écrit 57 mazurkas, très variées, souvent écrites en mineur.
Berlioz nous raconte comment Chopin interprétait ses mazurkas:
" Il y a des détails incroyables dans ses mazurkas; encore a-t-il trouvé le moyen de les rendre doublement intéressants en les exécutant avec le dernier degré de douceur....les marteaux effleurant les cordes, tellement qu'on est tenté de s'approcher de l'instrument et de prêter l'oreille comme on ferait à un concert de sylphes ou de follets."
Les Nocturnes:
Ce n'est pas Chopin qui a inventé le genre, mais John Field (1782-1837). Le compositeur Irlandais avait déchaîné l'enthousiasme du public lors d'un concert à Paris en 1832. Mais qui peut de mémoire, nous jouer ou nous chanter quelques notes d'un nocturne de Field.
A l'origine il s'agissait d'une petite sérénade pour cordes. A l'époque romantique, Chopin confie tous ses nocturnes au piano. Il leur donne un contenu. C'est de la musique d'état d'âme.
Il s'agit de morceaux en un seul mouvement, certains sont écrits sous la forme A-B-A, d'autres commencent par une introduction lente suivi d'une sorte de " cadence" et d'un développement purement romantique qui s'accélère jusqu'à la fin.
Cependant le cadre de composition n'est pas strict, et c'est une façon de s'abandonner vers un état de sensibilité diffuse. Le nocturne est lié chez Chopin à l'influence du bel canto italien. Ce sont des pages où se mêlent la tristesse, la mélancolie, la douleur, en fait c'est le journal intime de Chopin.
Les Sonates:
Chopin n'a écrit que trois sonates pour piano. Pour un compositeur qui avait pour principal confident cet instrument, on est en droit de se demander pourquoi Chopin n'a pas composé davantage de sonates.
De plus il a échelonné la composition de ses trois sonates sur seize années!
Si l'on ne tient pas compte de la première sonate qui est une œuvre de jeunesse, l'opus 4, il ne reste plus que les deux sonates encore jouées aujourd'hui, l'opus 35 avec la marche funèbre, et l'opus 58.
Il est clair aux yeux des mélomanes que Chopin n'était pas à l'aise dans les formes figées. Même dans ses sonates Chopin s'écarte de la forme classique, oubliant la réexposition du premier thème par exemple.
Et puis il y a le lyrisme de Chopin. Les phrases de Chopin chante dès la première note, elle ne sont pas le fruit d'un long développement pour enfin arriver à une sorte de refrain. On est tout de suite dans le bain.
Si, pour des formes courtes, comme les préludes, les nocturnes, les valses, cela convient tout à fait, dans une sonate il faut construire, exposer, développer, réexposer, finaliser (sic).
Toutefois, le génie de Chopin, a malgré tout pris le dessus et les deux sonates sont une pure merveille, même si elles sont diamétralement opposées.
La deuxième sonate (opus 35) est articulée autour de la marche funèbre et de l'idée de la mort, avec un dernier mouvement très court où les deux mains jouent à l'unisson.
La troisième sonate (opus 58), en Si mineur, tonalité que Liszt reprendra pour composer sa célèbre sonate en un seul mouvement, s'éloigne de l'idée d'un Chopin souffreteux.
André Gide nous dit de Chopin;
" C'est que la joie en lui domine"
Les Études:
Il y a 27 études en tout. Elles sont réunies en deux recueils de douze études, opus 10 et 25, plus trois études séparées écrites pour la " Méthode des méthodes ". Chacune des études a un but technique bien défini, comme par exemple, l'étude des touches noires, qui se joue uniquement sur les touches noires du piano.
C'est à l'âge de 19 ans qu'il commença la composition des études opus 10.
Chopin apprit le piano pratiquement tout seul, et c'est dans le but d'affronter les difficultés pianistiques qu'il composa ces études. Dans le Paris de 1831 fourmillaient une multitude de pianiste virtuose. Mais Chopin se distingue du lot, car il ne considérait nullement la technique comme une fin en soi.
Les mains de Chopin étaient petites mais très souple. Elles s'ouvraient " comme la gueule d'un serpent". Selon Chopin chaque doigt devait avoir sa propre sonorité, et il était partisan d'un tabouret bas à l'inverse des " casseurs d'instruments". Un critique musical en prenant connaissance des études de Chopin eut ce mot: " Ceux qui ont les doigts tordus pourront les redresser en les travaillant, mais les autres feront bien de les jouer que s'ils ont un chirurgien sous la main".
Les Valses:
Les valses de Chopin ne sont pas des pièces à danser. " Je n'ai rien de ce qu'il faut pour la valse viennoise" disait-il.
Ce sont de véritables poèmes, pleines d'élan spontané. Le lyrisme de Chopin peut à nouveau s'exprimer pleinement et en aucun cas il ne faut considérer ses valses comme des œuvres de moindre qualité.
Certes elles ne rivalisent pas avec les préludes ou les ballades, mais elles ont chacune leur éclat, leur couleur. Les premières ont été composées à Varsovie lorsque Chopin avait moins de 18 ans.
Les Ballades:
Quatre ballades, quatre chefs-d'oeuvre.
À l'origine la ballade est une pièce à danser. Il semble que le mot vienne de l'italien " ballare". C'est Chopin qui donnera le premier le nom de ballade à une oeuvre musicale.
La composition des ballades s'échelonnera sur douze années. Elles figurent avec les préludes parmi les oeuvres les plus accomplies de Chopin. Leur richesse mélodique, harmonique, leur intensité dramatique, mélancolique. Liszt y voyait; " Une odysée de l'âme de Chopin". La première ballade était la préférée de Chopin, c'est aussi la mienne, mais cela a peu d'importance. Toutefois c'est celle-là que je vous propose d'écouter.
Les Préludes:
Comme au siècle précédent Chopin ne donne pas de forme définie à ces préludes. Il s'agit d'une pièce indépendante, de longueur variable, pouvant durer quelques secondes (28 s pour le plus court) jusqu'à 5 minutes pour le plus long.
A mon avis les 24 préludes de l'opus 28 forment un tout, que l'on peut, ou que l'on doit écouter d'un bout à l'autre. Pas le temps de se lasser, pas de temps mort, pas de répit, un prélude rapide style étude, un autre lent style nocturne....
Certains de ces préludes ont été composé à Majorque, donc on a voulu les cataloguer, leur donner une explication imagée, ( la goutte d'eau ).
Il s'agit davantage de la pensée de l'auteur, de ces souvenirs, de son journal intime, que d'une simple image.
Source: coindumusicien.com
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